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LE blog du groupe Jean Paul II ...

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17 septembre

Dimanche 17 septembre 2006

 

Gaudium de veritate, la joie de la vérité : c’est sans doute cette formule connue de saint Augustin, qu’il admire tant, qui décrit le mieux la physionomie spirituelle de notre Saint-Père. Est-il raisonnable de croire ? C’est au fond la question qu’il a posé à l’Université de Ratisbonne, au cours d’une intervention qui fut d’abord unanimement saluée pour sa haute tenue, puis, par un processus maintenant bien connu, désignée à la vindicte générale.

Le thème de l’intervention de Benoît XVI est cependant d’une importance essentielle pour la bonne conduite de la vie humaine. Il ne concerne bien entendu pas seulement l’islam, ou plus précisément le rapport de la religion en général, avec la raison ou la violence. Il va au-delà de la seule question de la compatibilité entre la foi et la raison, notamment dans la conception que l’on peut avoir de Dieu. Il nous invite à revenir à la racine de notre conduite humaine, à nous rappeler ce qui fonde la dignité même de la personne humaine. La foi en un Dieu qui s’incarne, en ce Verbe, ce Logos, fait chair, renouvelle l’humanité de l’intérieur. Les revendications de l’autonomie de la conscience, le positivisme moderne, la déification de la raison par l’esprit dit des lumières et sa séparation d’avec la transmission du savoir par voie d’autorité, d’avec la foi également, mais aussi tout simplement de la réalité, comme si l’intelligence était isolée dans une sorte de monologue qui, au lieu d’en assurer la liberté, la livre tout simplement à la tyrannie des passions humaines ou à l’esclavage de l’opinion publique, tout cela fait qu’on pourrait être tenté par une sorte de fidéisme qui n’accorderait pas à la raison toute la place que Dieu a voulu lui donner.

Ce que Benoît XVI a voulu souligner, c’est que la perte de conscience des racines chrétiennes de l’Europe, mais la perte de la foi en général, rend l’homme déraisonnable. Si la foi en Dieu n’a plus à voir avec la raison, dit le Saint-Père, « les interrogations proprement humaines, c’est-à-dire celles concernant les questions sur « d’où » et « vers où », les interrogations de la religion et de l’ethos, ne peuvent alors pas trouver de place dans l’espace de la raison commune décrite par la « science » interprétée de cette façon, et elles doivent être déplacées dans le domaine du subjectif. » La difficulté qu’ont beaucoup de contemporains, de catholiques mêmes, de tous horizons d’ailleurs, avec le Magistère de l’Eglise, sa nature, sa réception, tient précisément ici.

 

Le refus du Magistère, ou la réception a priori critique de la Parole de l’Eglise, provient de cette séparation entre la foi et la raison aujourd’hui si répandue. « Je crois pour comprendre, je comprends pour croire », disait saint Augustin. Vous avez remarqué, en lisant la superbe encyclique de Jean-Paul II sur la foi et la raison, qu’il avait utilisé cette phrase comme filigrane de son enseignement. Sans doute faut-il voir ici la cause du peu d’empressement que les catholiques montrent souvent pour approfondir les connaissances de la foi, ce qui d’ailleurs peut aller de pair avec un examen sourcilleux des enseignements de cette même Eglise. On n’est pas plus pieux parce qu’on ne sait pas. De même que la foi, que la religion, ne saurait se réduire à une sorte de savoir. Il est habituel de constater un déséquilibre profond entre le niveau de connaissances profanes et celui des connaissances en matière de foi, qui souvent s’arrêtent à quelques idées de base.

 

Le monde a plus que jamais besoin, dans cette si nécessaire nouvelle évangélisation, du témoignage de la foi des baptisés. Il a plus que jamais besoin, c’est ce qu’est venu nous rappeler le Saint-Père, que les baptisés puissent rendre compte de l’espérance qui est en eux, qu’ils aient le courage, selon l’expression même de Benoît XVI, de « s’ouvrir à l’ampleur de la raison et non le refus de sa grandeur ». La séparation entre la foi et la raison favorise aussi bien l’anti-intellectualisme qui prétend s’habiller des oripeaux de l’humilité que l’intellectualisme qui réduit la religion à un ensemble de préceptes.

 

Alors que notre vie sur terre n’est jamais qu’une préparation à ce bonheur du ciel dont Jésus nous dit : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé. » Oui, comme l’écrit l’Apôtre Jean, l’apôtre du Verbe, du Logos incarné, « la victoire sur le monde, c’est notre foi ». Puissent le courage tranquille et la lumineuse humilité de notre Saint-Père être contagieuses parmi les baptisés que nous sommes. Il en va de la cohérence de notre vie de foi.

 

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