LE blog du groupe Jean Paul II ...
Réunion du 25 novembre 2005
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Principes à poser avant de parler de Evangelium Vitae (encyclique de Jean-Paul II) :
-Morale : science qui nous permet de diriger les mœurs afin d’agir chrétiennement.
La morale pose des principes (cf Veritatis Splendor, Jean-Paul II). Ces principes sont universels, on ne peut pas les changer car on ne change pas la nature humaine ; on ne peut pas changer l’ordre de la nature.
La morale pose des actes qui dépendent également des circonstances (ce qui se tient autour).
Dans un acte moral – qu’il soit bien ou mal – , on distingue :
- l’objet de l’acte (ex : relever une personne sur le bord de la route, cf le Bon Samaritain.)
- l’intention (l’extérieur n’est pas forcément en adéquation avec l’intérieur.)
- les circonstances (ex : tuer quelqu’un n’est pas pareil suivant que l’on soit militaire, en légitime défense ou un assassin : l’acte est le même pour des circonstances différentes.)
Il y a des actes qui sont bons (ou mauvais) mais qui peuvent devenir mauvais (ou bons) selon les circonstances (le vol par exemple : ex : Jean Valjean qui vole parce qu’il a faim.)
-Grand principe qui s’exprime sur la vie : la vie est un don qui ne nous appartient pas, dont nous sommes dépositaires, et qui a une dimension sacrée chez l’Homme car il a une âme. Ce don dépasse infiniment l’Homme, d’où l’importance du respect de toute vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle.
Question : Le suicide est-il un péché mortel ?
Le suicide est-il un péché mortel ?
Citations de Evangelium Vitae (Jean-Paul II), paragraphe 66 : « Le suicide est moralement inacceptable, comme tout homicide (…) L’Eglise l’a toujours refusé car c’est un choix mauvais, mais elle peut considérer les conditionnements physiques qui amènent une atténuation ou une suppression de la responsabilité personnelle. (…) Le suicide est immoral car il comporte le refus de l’amour envers soi-même (cf « aimer son prochain comme soi-même », Jésus au jeune homme riche) et le renoncement au devoir de justice (rendre à chacun ce qui lui est dû) et de charité (aimer Dieu et son prochain) envers les différentes communautés dont nous faisons partie et envers la société dans son ensemble. (…) En son principe le plus profond, le suicide est un refus de la souveraineté de Dieu sur la vie et sur la mort (cf le psaume « C’est toi qui a pouvoir sur la vie et sur la mort »). Partager une intention suicidaire et l’aider à la réaliser, c’est être collaborateur et acteur d’une justice jamais justifiée. C’est illicite de tuer une autre personne, même si elle le voulait et même si elle le demandait. »
C’est-à-dire : l’acte du suicide est un homicide (envers soi-même). Objectivement, il n’est donc jamais justifiable. Mais l’Eglise rappelle que les conditionnements (états dépressifs, etc.) peuvent atténuer ou supprimer la responsabilité de la personne. Marque visible de ce point de vue : aujourd’hui, l’Eglise accepte de donner des obsèques religieuses à un suicidé (contrairement aux siècles précédents). On ne peut jamais juger quelqu’un d’après son acte.
Exemple : une dame en pleurs vient se confesser au Curé d’Ars et lui dit : « Mon fils s’est suicidé ! » Le Curé d’Ars lui répond doucement : « Ne vous inquiétez pas, entre le pont et l’eau, il s’est converti… »
: une dame en pleurs vient se confesser au Curé d’Ars et lui dit : « Mon fils s’est suicidé ! » Le Curé d’Ars lui répond doucement : « Ne vous inquiétez pas, entre le pont et l’eau, il s’est converti… »
Il y a trois choses dans un péché :
-l’acte, par exemple : le vol.
-la conscience : je sais que c’est mal.
-la volonté : on le fait librement.
On distingue deux sortes de péchés :
-les péchés véniels : il refroidissent l’amour de l’âme. L’âme peut s’y habituer, et alors le cœur est beaucoup refroidi.
-les péchés mortels : c’est le refus de la loi de Dieu face à sa volonté sur une matière grave. Il coupe alors l’âme de la vie divine, c’est-à-dire que Dieu est absent de l’homme. L’homme refuse l’habitation de Dieu dans son cœur.
L’Enfer est le refus absolu de l’homme (ce n’est pas Dieu vengeur qui a voulu que nous y soyons). Par un péché mortel, la personne refuse la miséricorde, par la liberté qu’il possède. Dans l’Evangile, le Christ va chercher Judas, car c’est lui qui l’a choisi, mais Judas se dérobe.
L’infinie miséricorde divine est ce qu’il y a de plus important : c’est ce que le pape Jean-Paul II a sans cesse rappelé au monde. Mais il y a tout de même la responsabilité profonde de l’homme du fait de son infinie liberté (c’est cela qui le rend libre).
La grâce est offerte à tous : il y a pour chacun des moments de lumière et des moments d’obscurité, c’est pour cela que l’on ne peut juger aucune personne (sinon on se trompe toujours). Dieu voit plus loin que nous. Si on constate un refus chez une personne, il faut espérer en la grâce divine. Par exemple, les mères de famille qui ne comprennent pas toujours le comportement de leurs enfants (Sainte Monique en est un magnifique exemple…)
Il ne faut pas s’occuper du résultat, mais tout abandonner à Dieu. Garder le respect de l’action de la grâce dans l’âme de chacun.
Question : peut-on abuser de la miséricorde divine ?
peut-on abuser de la miséricorde divine ?
Oui, on peut en abuser, en se disant « On a bien le temps d’aller se confesser ». Or la miséricorde engloutit tous les péchés. Résultat : on devient idiot spirituellement car on s’habitue à passer à côté de la grâce. Le problème de Judas, c’est qu’il a pensé que son péché était plus grand que la miséricorde divine.
La réalité première c’est la miséricorde de Dieu : plus on a le sens de la grâce, plus on a le sens du péché. Les grands saints ont une délicatesse de la conscience (qui n’est pas du scrupule) qui leur donne le sens du péché car ils ont le sens de la grâce de Dieu.
Ils ont réussi à unifier l’aspect de la transcendance et de la miséricorde de Dieu. En effet, si l’on ne garde que l’aspect de la miséricorde, on peut penser que Dieu est un « bon copain » qui de toutes façons nous laissera faire ce qu’on fait car on part d’une bonne intention ; et si l’on ne garde que l’aspect de la transcendance, on oublie que Dieu s’est fait homme, qu’il a souffert comme nous, et qu’il est présent dans son Eucharistie.
Question : comment savoir ce que Dieu veut de moi ?
comment savoir ce que Dieu veut de moi ?
Il veut notre bonheur infini. C’est notre vocation. Mais quel bonheur veut-il pour moi ?
La JOIE : mot qui revient tout le temps chez Benoît XVI. Le bonheur infini auquel nous aspirons est voulu par Dieu. Nous devons entrer dans la joie de Dieu ici-bas et plus tard dans les Cieux. Mais nous ne devons pas oublier que la Croix est toujours avec nous sur terre. Mais la Joie est aussi sur terre…
Nous sommes appelés à la vocation de la béatitude, de la sainteté par notre baptême.
Il faut découvrir dans sa vie les chemins de la grâce : Saint Augustin la décrit comme un soleil illuminant l’âme toute entière et, par suite, la personne toute entière. La grâce, c’est le don que Dieu nous fait de sa Vie. Le chrétien ne peut vivre sans la grâce.
Saint Jean : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire. »
Saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi. »
A quoi est-ce que le Christ m’appelle ? Il y a une diversité des vocations dans l’Eglise (comme Sainte Thérèse de Lisieux qui désirait tout être à la fois, apôtre, martyr, missionnaire… et qui finalement a trouvé dans la lettre de St Paul aux Corinthiens la place de la Charité : « Ma vocation, c’est l’Amour ! »)
Comment reconnaître la grâce ?
- il faut avoir une vie sacramentelle : pratique eucharistique et confessionnelle régulières.
- la prière personnelle est très importante pour compléter la vie sacramentelle (elle amplifie et fait durer la vie du Christ que nous avons reçue dans notre âme lors des sacrements)
- notre vie morale doit être droite, en adéquation avec notre vie spirituelle. Il faut développer la charité activement et concrètement.
- nourrir son intelligence des choses de Dieu (ce qui n’est pas de l’intellectualisme, mais bien une pré-connaissance de la vie éternelle) (connaissance = naître avec, donc renaître). Cela pour approfondir sa Foi.
- se faire accompagner/ conseiller spirituellement (sans que cela ne porte forcément sur les grandes décisions sur le choix de vie, par exemple, on peut se faire conseiller à propos de la prière.)
Question : dans tout ce qu’a fait et dit l’Eglise, peut-elle se tromper ?
dans tout ce qu’a fait et dit l’Eglise, peut-elle se tromper ?
Eglise, définition : « C’est Jésus-Christ, mais Jésus-Christ répandu et communiqué. » (Bossuet). Elle a reçu mission d’enseigner.
Pour cela, elle délivre un magistère (du Pape et des évêques unis au Pape) : enseignement de l’Eglise pour les vérités qui concernent la Foi et/ ou les mœurs. Il y a différents degrés d’autorité : les baptisés doivent les recevoir et les accepter.
Certaines matières ne peuvent se tromper, car l’Esprit Saint appuie l’Eglise et cela engage l’infaillibilité de l’Eglise. Ce sont les dogmes : vérités catholiques qui donnent à croire à tous les baptisés (et non pas impose aux baptisés). Le dogme est un comme Jésus est un. Il n’est pas divisible (si on n’y adhère pas, on refuse l’enseignement de l’Eglise et donc on refuse l’Eglise).
Exemples :
- Marie a été vierge avant, pendant et après sa maternité.
- la présence réelle dans l’Eucharistie.
Autres degrés d’autorité dans les enseignements des Papes : les magistères ordinaires universels : à propos de la foi et des mœurs de l’Eglise. Les baptisés doivent avoir à leur égard un assentiment religieux de leur volonté et de leur intelligence. (cf Lumen Gentium, document écrit lors de Vatican II).
Il y a également les autres discours des papes (discours d’accueil, …) qui n’engagent pas l’Eglise.
Autres que le pape et les évêques, il y a tous les baptisés qui, lorsqu’ils parlent en chrétiens, sont un autre aspect du magistère. L’Eglise professe la même Foi : elle est infaillible. Cela implique donc la responsabilité de tous. L’Eglise, c’est nous. Elle est organisée selon une hiérarchie, mais c’est nous aussi.
On ne transige pas sur les vérités de la Foi, mais on laisse à chacun sa liberté d’opinion.
Maxime de Saint Augustin : « In necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus Caritas. »
« Dans les choses nécessaires, l’unité ; dans les doutes, la liberté ; en tout, la charité. »
Donc : respecter l liberté des autres, mais aussi respecter le magistère.
A propos de ce que l’Eglise fait : le Saint Esprit anime l’Eglise : c’est lui qui fait, qui est premier acteur. Il faut accorder notre participation avec celle de l’Esprit Saint. Il agit à travers des instruments faible (« Ce qu’il y a de faible dans le monde… etc », cf 1 Corinthiens 1 ; 27).
Exemple : Mère Teresa : transparence de Dieu.
L’Eglise : ce n’est pas seulement Rome, mais aussi l’Esprit Saint en chacun de nous, tout comme l’âme est partout dans le corps.
Là où est l’Esprit Saint, là est l’Eglise. Il faut obéir à l’Esprit Saint.
A côté de cela, des hommes agissant au nom de l’Esprit peuvent faire des choses très belles, ou très mauvaises, comme les papes au XVIème siècle, par exemple.
Nous sommes l’Eglise, ce qui est différent d’une vision politique extérieure.
(cf mouvement allemand « Wir sind Kirche »)
Nous sommes ensemble par la prière.