LE blog du groupe Jean Paul II ...
Réunion du 06 janvier 2006
L’essentiel de la réflexion s’est orienté à partir d’un texte envoyé par Internet et qui se trouve à la fin de ce document (conférence sur le thème « le flirt »)
Il y a une partie affective de l’amour qui peut se transformer en passion (« coup de foudre ») et qui donc en tant que passion devient instable. Cette instabilité peut nuire.
Mais il existe un autre degré dans l’amour, qui est l’amitié, en quelque sorte une éducation à l’amour. Elle peut se définir ainsi d’après Saint Thomas d’Aquin : « Vouloir le bien de l’autre pour qu’il s’élève dans la vertu ».
L’amour humain est une forme d’amitié, car il suppose de vouloir le bien de l’autre en le respectant en tant que personne. L’amitié, tout comme l’amour, suppose une continuité dans la durée, dans les grandes choses de la vie. Les belles amitiés sont importantes.
Il y a également un troisième degré dans l’amour, qui est la charité, c’est-à-dire la vie divine. C’est une autre dimension : la grâce circule dans l’âme. Ainsi, le rapport avec Dieu dans la prière doit grandir grâce à l’amitié et à l’amour. Si ces dites amitiés ou ces dits amours empêchent le rapport avec Dieu, c’est que c’est mauvais. Ainsi, si un flirt accapare un jeune, ce jeune n’arrive plus à prier, car il y a alors « pollution » de sa vie de prière.
La difficulté, c’est que la vraie notion de l’amour et de la fidélité n’est pas partagée autour de nous. Or, ce qui est très important et qui est rappelé dans le texte, c’est que « c’est l’avenir que l’on construit ». Il n’est donc pas question de « jouer ». Il faut alors apprendre à maîtriser son affectivité dans son adolescence pour la diriger, la purifier. C’est ce qui est le grand travail d’éducation à l’adolescence.
En effet, aujourd’hui, la notion de l’amour humain est faussée. Le péché originel a introduit une distorsion dans l’âme de l’Homme entre les passions qui ne s’accordent pas avec l’intelligence. Cela crée du désordre dans l’âme, désordre qui peut être effacé par la grâce qui refait tout, vivifie tout. Mais pour cela, il faut également faire marcher sa volonté et son intelligence. Ceci est donc le grand travail de la jeunesse, de l’adolescence, qui nous permettra d’être véritablement libre. Plus on est libre, plus les choix que l’on fera seront libres, et plus le bonheur sera là, car le bonheur est une question de liberté.
Les passions humaines sont volatiles. Etant donné qu’être amoureux est une passion, on peut y être soumis très souvent sans que cela soit fondé. (cf le texte qui dit que l’ « on peut tomber amoureux de dix mille personnes différentes »). Ces élans sont au stade passionnels. Or l’amour suppose l’amitié d’abord, c’est-à-dire une communauté de vie stable, et donc non soumis à des passions fluctuantes.
Les époux se donnent l’un à l’autre dans le sacrement du mariage (seul sacrement où le ministre de la grâce n’est pas un prêtre, mais les deux époux eux-mêmes). Or, on ne se donne pas à moitié. Le mariage n’est pas un don à moitié, donc est à distinguer des élans, des passions. L’amour-passion est en effet quelque chose d’égoïste car on veut alors posséder l’autre pour soi, l’autre devient un objet de plaisir. C’est un amour passionnel non stable, qui est encore à distinguer du jeu (en « collectionner » le plus possible) car dans ce cas de figure on sait parfaitement que l’on n’aime pas, et donc rend très malheureux car il n’y a aucun engagement.
Aujourd’hui, l’amour humain est présenté sous forme de marchandise, avec un côté animal. Cela est dans l’ « air du temps » : nous sommes dépendants de notre milieu (cercle d’amis) même si nous sommes libres. Cette façon mercantile de présenter l’amour humain enlève à l’Homme sa dimension spirituelle et sa vocation spirituelle. Or le respect de l’amour et le respect de la vie vont ensemble car l’amour humain est ordonné, inséparable de la vie. Le fait de les séparer (contraception) casse la conception et de l’amour, et de la vie. Amour et vie ne sont plus liés, ils deviennent alors des objets que l’on peut maîtriser comme des matériaux (d’où élimination des vies qui nous gênent, fécondations in-vitro, etc.) Si il y a vraiment la dimension de l’amour humain entre deux personnes, alors il y a aussi la dimension de la vie à donner. Sinon on reste dans le domaine de l’amitié.
Les amitiés (le choix dans l’amitié et les soins à y apporter) sont capitales, surtout dans un milieu pas très porteur. C’est l’amitié qui apprend le respect.
Les sentiments sont donc des passions. Mais il y a un autre critère pour aimer : le choix. En effet, être sincère n’est pas suffisant. La sincérité est différente de la vérité, car la sincérité est la conscience isolée de la réflexion. L’amour en tant que passion est coupé de l’amitié. Or les fiancés sont d’abord de bons amis. S’aimer d’un amour de charité conduit au mariage.
Il ne faut pas se précipiter, mais bien au contraire laisser le temps à la patience, au mûrissement. « Méfiez-vous de la première impression, c’est toujours la meilleure. » Donc il faut apprendre à aimer en vérité, et cela s’apprend dans l’amitié. Si on sait aimer en vérité, on peut apprendre à fonder un foyer, faire un vrai mariage chrétien.
« Aimer, ce n’est point se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction. » (Saint-Exupéry). En effet, si dans un groupe d’amis il y en a deux qui flirtent, ils « cassent » les amitiés et s’isolent du groupe. Le flirt est la « plaie » d’un groupe, quel qu’il soit.
Les gestes d’affection qui sont excellents et nécessaires dans le mariage sont mauvais pour un couple qui n’envisage pas de se marier car ce n’est pas leur vocation actuelle. Au bout du compte, ces gestes prodigués à tort et à travers produisent une défiguration qui entraîne la déception.
Il faut faire attention à ne pas s’exposer à des situations de péché, ne pas se croire plus fort que l’on est. D’abord, il faut approfondir des amitiés dans un groupe sain pour ensuite, pourquoi pas, devenir missionnaire, pour réveiller chez les autres le sens de la fidélité. Par contre, il faut faire attention à deux excès :
-s’enfermer totalement et se couper du monde en pensant que les autres n’en valent pas la peine.
-se modeler sur le monde (contrairement à ce que dit Saint Paul, appuyé par Jean-Paul II dans Veritatis Splendor : ne pas se modeler sur le monde mais sur le Christ.)
Il est donc important de développer des groupes chrétiens qui s’entraident et prient ensemble.
Comment, à 15 ou 16 ans, savoir si c’est l’amour ? Il y a un premier critère : on voit si cela ne casse pas les autres amitiés. Ensuite, il faut se poser la question de manière réfléchie et posée. Prendre le temps de la patience et de la réflexion pendant plusieurs années. Enfin, s’entourer de conseillers, éducateurs, prêtres, parents… C’est une question générale d’équilibre de vie et de choix de vie. On voit les fruits que cela produit, et on « mesure l’arbre au fruit produit ».