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LE blog du groupe Jean Paul II ...

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Instruction du 02-12-05

Réunion du 02 décembre 2005

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            Aujourd’hui, le débat sur les questions qui touchent au respect de la vie est souvent brouillé par les influences médiatiques, également faussé parfois par le jeu politique. Par exemple, il est entendu que « le seul antidote contre le SIDA, c’est le préservatif. » Jean-Paul II a dit de notre époque qu’elle avait une mentalité contraceptive : c’est-à-dire qu’on n’y incite pas à la responsabilité morale, ou à ce qu’il appelait souvent la « paternité responsable », ce qui vaut pour la procréation valant ensuite pour l’éducation.

            Les mots eux-mêmes sont souvent faussés, comme « Interruption volontaire de grossesse » pour avortement ; ce n’est pas une vie qui s’interrompt, mais qu’on arrête, et une vie qu’on arrête, reste une mort provoquée. Pour le grand nombre aujourd’hui, c’est une question de liberté, du « droit à disposer de son propre corps ». (cf Mai 68)

            Reste une exigence incontournable, sans laquelle ceux qui prétendent servir la vie seraient en contradiction, puisqu’on peut tuer par les mots : il est hors de question de juger telle ou telle personne, spécialement par exemple une femme amenée à recourir à l’avortement.

 

             Deux grands moyens de servir la beauté de la vie humaine : la prière et le témoignage. Au-delà des, ou malgré les apparences, chacun porte en son âme un sens de l’amour humain, de la fidélité, du respect de la vie, qui doit être réveillé.
             Il nous faut être des signes dans une société sécularisée, pour qui beaucoup de mots ne veulent plus rien dire. Mais les réalités que ces mots recouvrent existent dans les âmes des jeunes. Il faut donc faire la jonction entre les mots et ces réalités. Par exemple, dire ce que signifient « vocation », « respect de la vie », « amour ». Il ne faut pas laisser confisquer le langage. Il ne faut pas avoir peur par exemple de  parler de la « chasteté ». Mais il faut aussi savoir de quoi il s’agit.

             La chasteté : c’est la vérité de l’être, dans son âme et dans son cœur, dans son intelligence et dans son corps. Elle unit tout d’abord la personne, puis, ensuite, est capitale pour la préparation de sa vie, mariée ou non. C’est une vertu qui s’applique à chaque choix de vie.


La  chasteté est une vertu qui a trait à toute la personne : 
 

ð     Elle est tout d’abord dans l’âme : virginité spirituelle (évoquée chez les Chartreux particulièrement, par saint Bruno). C’est un état d’âme (correspondant au temps de l’Avent, par exemple) de disposition devant Dieu (comme l’est la Sainte Vierge). Disposition d’offrande, d’abandon, de transparence devant Dieu : cela est particulièrement exprimé dans la prière du Bienheureux Charles de Foucauld : « Mon Père, je m’abandonne à vous, faites de moi ce qu’il vous plaira… ». L’âme se laisse modeler par Dieu. Elle ne doit pas s’inquiéter de ce qui va lui arriver plus tard. La chasteté de l’âme est essentielle à la paix de l’âme.
 

ð     Il y a ensuite la chasteté de l’intelligence et de la volonté : elle est une manière pour l’intelligence d’appréhender la réalité, qui est une sorte de soumission à la réalité. Elle suppose de garder une capacité d’étonnement. Saint Thomas d’Aquin a dit : « Toute vérité dite par qui que ce soit vient de l’Esprit Saint », ce qui veut dire que la vérité nous dépasse, nous précède. Dieu est Vérité première, donc toute réalité, toute créature découle de Dieu. La vérité de l’être précède les mots, ce qui a été dit. Le fait de dire un jugement d’existence sur quelque chose ne change rien à sa réalité. La vérité est dans les choses avant d’être dans les mots. Ce n’est pas nous qui possédons la vérité, c’est la vérité qui nous possède. La vérité n’appartient à personne. Transmettre la vérité oblige à la gratuité. La vérité ne nous appartient pas, mais le fait de grandir dans la vérité est un état d’âme, un état d’esprit. « Celui qui fait la vérité va vers la lumière » (Saint Jean). Saint Augustin : « Vitam impedere vero » (dépenser, consacrer sa vie à la vérité). On peut voir cela dans l’Evangile, lorsque Pilate demande à Jésus : « Qu’est-ce que la vérité ? » Et Jésus lui répond : « Je ne suis né, et je ne suis venu dans le monde que pour rendre témoignage à la vérité. » Toute la vie du Christ est un témoignage à la vérité. Nous aussi, nous avons à rendre témoignage à la vérité, elle ne nous appartient pas. Il faut savoir être soumis à la vérité : ne pas tenir à son opinion, admettre qu’il puisse y avoir des différences. Préférer la Vérité à l’opinion. La chasteté de l’intelligence est donc une pureté d’intention : ne pas avoir d’intention de duplicité (= faux, double.)
 

ð     La chasteté a trait aussi à la mémoire et à l’imagination : il faut penser à ne pas laisser vagabonder l’imagination ou la mémoire pour ne pas qu’elles nous polluent la pensée. Il faut ordonner sa mémoire. Ces capacités doivent nous servir à grandir et non pas à s’enfoncer. Il faut les discipliner. Elles deviennent alors des alliés fidèles.
 

ð     L’affectivité : c’est notre capacité à aimer, notre besoin d’aimer et d’être aimé, mais cette tendance à l’amour passe par des passions (dont l’amour lui-même). La chasteté fait en sorte que cette passion ne soit pas seulement animale, mais qu’elle soit purifiée par l’intelligence, la grâce, afin d’aimer en vérité et en liberté. Dans nos relations, il faut faire attention à ce que cette capacité d’aimer soit gardée de tout ce qui obstruerait la volonté et l’intelligence, pour ne pas abîmer la volonté. Il ne faut pas rester à la surface de ses sens, sinon, on en vient à aimer l’autre pour son propre plaisir, ce qui est l’expression d’un égoïsme et d’un amour propre sans fécondité ; l’autre devient un objet, et cela se transforme en un jeu de séduction qui est contraire à l’amour. La passion est alors pervertie pour le plaisir et la futilité. Il faut veiller à maîtriser son affectivité, dans la prière notamment. Aimer là où cela demande un peu de sacrifice, et non pas se laisser piéger par les facilités trompeuses des apparences.

La chasteté du corps est donc aussi importante : en effet, le corps est le signe de l’âme, est le reflet de l’âme et « temple de l’Esprit Saint » selon saint Paul. Ce corps a une dignité qui dépasse le corps des animaux. La chasteté préserve, suivant chaque état de vie, ce qui serait déréglé de l’ordre naturel. Dans le mariage, la vérité du corps doit correspondre à la vocation du mariage. Les fiancés ne sont pas mariés. Les époux vivent la chasteté : l’acte sexuel est bon dans le mariage, il est vertueux et associe un homme et une femme de manière merveilleuse au plan d’amour de Dieu sur l’humanité, mais il est aussi réglé par la chasteté et la continence. La chasteté permet ainsi de discipliner le corps, et d’éviter qu’il devienne l’instrument de l’assouvissement de ses passions.
 

u La chasteté ne concerne donc pas seulement le corps, mais toute la personne.

 

Comment en parler aux autres, à ceux qui n’y entendent pas forcément grand chose ? 
 

Le problème, c’est que le mot « chasteté » fait peur car il est conçu comme un frein à la liberté dans les opinions modernes. Seulement, le mode vie de la chasteté rend la personne libre, il est un chemin de bonheur.

Qu’est-ce alors que la liberté ? C’est vivre selon la vérité de l’être et non pas faire ce que l’on veut, quand on veut, où on veut (ce qui serait céder à ses passions).

C’est une question de liberté : tout être désire le bonheur, désire vivre et unifier sa vie. Il faut rejoindre ce désir de bonheur, qui est enseveli, étouffé par une société de consumérisme où le bonheur se réduirait au plaisir immédiat (argent, amour…)

La notion de fidélité est accessible à tous, tous peuvent être intéressés, touchés par elle. Il faut donc en montrer la bonté et la beauté : être joyeux, heureux de vivre. Le témoignage de la joie est très fort (notre Pape Benoît XVI y revient toujours). En effet, le fruit de la chasteté est la joie. Sans aller forcément dans les mots, par l’attitude, on peut témoigner de la chasteté, par une joie qui prend tout l’être, toute la personne. D’où l’importance de rester fidèle à la joie, y compris quand c’est plus difficile. Ensuite seulement, parler, et, ce qui est un devoir, se former, savoir ce que dit l’Eglise sur la vie (avortement, etc.), savoir quelle est sa position. Lire notamment l’opus cité plus haut, « Vérité et signification de la sexualité humaine. »
 

            La Chasteté est une vertu qui, avec la tempérance, permet de maîtriser ses passions sexuelles, suivant l’état de vie dans lequel on se trouve. L’absence de chasteté enferme la personne sur elle-même. Vivre dans la chasteté permet de rester ouvert sur l’Eternel, d’ouvrir son âme sur l’Eternel, et d’y goûter cette joie des grands espaces dont le Christ a dit que « nul ne pourra vous la ravir ».

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